La dopamine detox pour aider l’autisme ?

- Julie BOUCHONVILLE

La dopamine detox pour aider l’autisme ?

Un article simple pour finir cette année en beauté. Dès maintenant et encore plus dans les semaines à venir, mon lecteur comme moi-même serons sûrement inondés de publicités nous incitant à nous mettre au sport, perdre du poids, changer de vie, nous fixer des résolutions incroyables, boire du thé vert, arrêter le gluten et que sais-je. Et parmi ces injonctions aimablement fournies par nos espaces virtuels, il y en a une qui a déjà plusieurs fois attiré mon attention : la dopamine detox.

Beaucoup d’autistes, c’est bien connu, ont une manière peu commune d’exploiter la dopamine[1] ; et il pourrait être tentant de « remettre les compteurs à zéro », pour ainsi dire, en nous forçant dans une série de situations très peu stimulantes censées recalibrer notre cerveau. 

Est-ce que ça marche ?

 

Le principe d’une détox

Utilisé dans le langage courant, le terme désigne une période où l’on s’abstient de pratiquer un comportement ou de consommer une substance afin de s’en désintoxiquer, et de manière plus philosophique, de rompre l’emprise que la substance ou le comportement ont sur l’individu. 

C’est un mot un peu fourre-tout qui peut aussi bien vouloir désigner la volonté d’arrêter une addiction à un stupéfiant, que l’envie de boire beaucoup de soupe durant janvier pour compenser d’éventuels excès alimentaires durant les fêtes. 

 

Trop habitués à la dopamine ?

La théorie, popularisée sur de multiples réseaux sociaux, vient de la pensée un peu magique qu’un seul comportement, une seule substance, serait responsable de tout un tas d’effets jugés néfastes ou déplaisants. Dans le cas qui nous intéresse, des personnes acceptent le postulat qu’elles passent trop de temps sur les réseaux sociaux ou à jouer aux jeux vidéos, un comportement qui à la fois leur apporte peu de joie, mais stimulerait aussi à outrance la production de dopamine dans leur cerveau, les habituant à un niveau de stimulation élevé et les empêchant d’apprécier des plaisirs plus simples et lents.

Cette accoutumance à un certain taux de dopamine en circulation, en plus du problème que je viens de citer, aurait aussi pour conséquence une baisse de la capacité d’attention, des troubles du sommeil et de l’alimentation, une augmentation de l’anxiété, une baisse de motivation et de libido, un impact négatif sur l’humeur, et en bref, serait très indésirable. 

 

Qu’est-ce que la dopamine detox ?

Acceptant le postulat précédent, des personnes choisissent de se mettre durant une période donnée, allant de quelques jours à plusieurs semaines, dans un état de « sobriété » de la dopamine, ou plus exactement de stopper les comportements dont elles pensent qu’ils participent au problème. Cela peut inclure l’arrêt des jeux vidéos, des réseaux sociaux, de la masturbation, des aliments sucrés, des films et séries, de la lecture… La dopamine étant sécrétée dans des situations positives ou plaisantes, tout ce qui apporte de la joie intense et de l’engagement est censé être arrêté durant la durée de la détox, pour permettre au cerveau de se « remettre à niveau ». 

 

Les personnes autistes devraient-elles faire une dopamine detox ?

Ca dépend. En soi, il n’est pas possible de ne plus avoir de dopamine, et le concept d’arrêter des comportements qui nous donnent de la joie dans l’espoir d’être plus heureux par la suite ne date pas d’hier[2]

En revanche, il est possible de limiter des comportements dont nous jugeons qu’ils ne nous font pas ou plus de bien, et de limiter la surstimulation, ce qui est souvent ce que les gens qui prônent la dopamine detox ont en fait en tête. 

Être présent dans les moments du quotidien, supporter de ressentir une émotion négative sans la couvrir avec un stimulus externe et limiter les stimulations au sens large sont de bonnes pratiques de santé mentale, qui profitent tant aux personnes autistes qu’aux autres. 

 

Est-ce que mettre en place de bonnes pratiques de santé mentale va améliorer ma capacité de concentration, mon aptitude à savourer l’instant présent, ma libido, mon alimentation, ma motivation et mon humeur ?

Non. Ou plutôt, peut-être un peu, mais des problèmes multifactoriels requièrent souvent des solutions plurielles. C’est l’espoir qu’une solution miracle existe qui nous pousse à tester des processus, hacks et programmes qui finissent toujours par nous décevoir.

 

Et ceci étant dit, il ne me reste qu’à souhaiter à mon lecteur un très heureux réveillon, et une excellente année 2026.



[2]Quiconque a comme moi subi des années de catéchisme reconnaîtra une pratique très commune lors du Carême.

 

Pour toute question sur nos articles de blog, contactez la rédactrice à : juliebouchonville@gmail.com


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